Méthode Bravo

Du sport sur ordonnance

Senior woman on elliptical trainer exercising in gymL’Assistance Publique Hôpitaux de Paris a signé la semaine dernière une convention pour l’accueil de 750 malades chroniques sur une plateforme dédiée à la pratique sportive. 550 adultes et 200 enfants atteints de maladies chroniques seront accueillis respectivement à l’Hôtel-Dieu et à  Robert Debré. Chez les adultes, les premiers bénéficiaires seront les patients atteints de BPCO, du sida, de maladies rhumatismales inflammatoires ou de cancers. Cette initiative n’est pas la première du genre puisque la ville de Strasbourg avait déjà signé en 2012 une charte avec 170 médecins généralistes pour la prescription de « sport-santé ».

Les bienfaits de la pratique d’une activité physique adaptée (APA) pour les personnes souffrant de maladies graves sont désormais bien décrits. Pour les patients en cours de traitement, en phase de consolidation ou de rémission, l’activité sportive facilite la gestion des effets secondaires et permet de réduire la fatigue liés au traitement. L’activité physique améliore aussi le pronostic vital, elle réduirait ainsi de 30 à 40% le risque de récidive pour un patient atteint d’un cancer du sein ou du côlon. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles le directeur du pilotage de la transformation à AP-HP est convaincu que le bilan médico-économique de l’initiative sera gagnant.

La pratique d’une activité sportive, au même titre que la mise en place de mesures hygiéno-diététiques, fait partie de ce que la HAS appelle « les thérapeutiques non médicamenteuses », que les autorités de santé souhaitent promouvoir.

Au-delà des personnes malades, rappelons que ces pratiques hygiéno-diététiques sont bonnes à appliquer en prévention primaire. Il faut cependant raison garder et se méfier de certaines initiatives en cours pour faire prendre en charge les abonnements aux salles de sport par l’Assurance Maladie et/ou les mutuelles. Le taux de recours risquerait, sur la base des observations actuelles, d’être extrêmement faible, ce qui poserait immanquablement la question de la légitimité du financement par la collectivité d’actions aussi peu efficaces. L’irruption du collectif dans un domaine, la prévention primaire, éminemment personnel est donc un exercice à haut risque.

Pour en savoir plus : http://sante.lefigaro.fr/actualite/2016/04/19/24875-hopitaux-parisiens-adoptent-sport-sur-ordonnance

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2016/04/21/ap-hp-lhotel-dieu-en-partie-transforme-en-salle-de-sport_807076

Pour la santé de votre cœur, bougez plus !

Les beaux jours arrivent. Comme pour beaucoup, cet horizon vous incite à faire attention à votre alimentation et à reprendre l’activité physique. Ça tombe bien, l’OMS recommande de pratiquer 30 min d’activité physique par jour ! Insurmontable ? Pas du tout ! L’intégrer à son quotidien est même assez simple. Exemple à l’appui !

Infographie Activité physique

En 40 ans, les enfants ont perdu près de 25 % de leur capacité cardiovasculaire !

Enfant_CVv2C’est le constat alarmant qui a été fait par la Fédération Française de Cardiologie ! La raison ? Les enfants bougent de moins en moins. Et pour cause, aujourd’hui les enfants ont tendance à préférer passer leur temps libre devant la télévision, les tablettes ou encore les jeux vidéo. Ainsi, en France, moins de 50 % des enfants respectent les 60 minutes d’activité physique quotidienne recommandées. A contrario, une étude du CSA a révélé que les enfants de 4 à 10 ans passent en moyenne deux heures par jour devant un écran.

Et cela n’est pas sans conséquence : bouger dès l’enfance permet de se constituer un « Capital Santé », qui permettra d’éviter plus tard le surpoids, l’augmentation de la pression artérielle, de la glycémie et du cholestérol. A cause de ces mauvaises habitudes, les nouvelles générations risquent d’avoir une moins bonne santé cardiovasculaire que leurs aînés. Cela a d’ailleurs déjà été observé de manière très concrète puisqu’en « 40 ans, nos collégiens ont perdu environ 25% de leur capacité physique. C’est-à-dire qu’ils courent moins vite et moins longtemps… En 1971, un enfant courait 800 mètres en 3 minutes, en 2013 pour cette même distance, il lui en faut 4 » affirme le Pr Carré (Fédération française de cardiologie, CHRU de Rennes).

Comment agir face à ce fléau ? Les parents ont un rôle primordial à jouer dans la lutte contre la sédentarité de leurs chers bambins. Inciter les enfants à marcher pour aller à l’école, privilégier les activités en plein air, etc. sont autant  de gestes du quotidien qui permettront à l’enfant de ne pas s’encroûter durablement.

Cette sonnette d’alarme tirée par les cardiologues et les pédiatres intervient à la veille du lancement de l’opération « Les parcours du cœur scolaires », qui se déroule dans les établissements scolaires jusqu’au 15 mai prochain. Objectif affiché : proposer des épreuves d’activité physique aux enfants, et leur donner des conseils de prévention sur la santé cardiovasculaire. Louable initiative : la #smartsanté commence par la prise de conscience que la santé cardiovasculaire à l’âge adulte se forge (ou pas) dès le plus jeune âge !

 

Pour en savoir plus : http://fedecardio.org/sites/default/files/pdf/2015-02-15_cp_parcours_du_coeur_scolairevf.pdf