Maladies chroniques : améliorer l’observance serait plus utile que de nouveaux traitements

Colorful caplets on smartphone screen, isolated on white background

Dans les pays développés, l’observance chez les patients atteints de maladies chroniques est à peine de 50%. A peine un médicament prescrit sur deux est donc réellement pris et une recommandation médicale sur deux suivie.

Selon une étude du cabinet de conseil jalma, 12 000 décès et 100 000 hospitalisations complètes seraient imputables à ce manque de suivi des traitements et recommandations médicales. Le surcoût pour l’Assurance Maladie se situerait quant à lui dans une fourchette allant de 3 à 5 milliards d’€, la palme revenant à la psychiatrie, pour laquelle le seul surcoût lié aux hospitalisations évitables découlant de la non-observance est estimé à 500 M€. Les enjeux médico-économiques liés à la non-observance sont tels que l’OMS concluait déjà dans un rapport de 2003 « qu’améliorer l’efficacité des solutions d’aide à l’observance pourrait avoir bien plus d’impact sur la santé publique que l’arrivée de nouveaux traitements ».

C’est ainsi que de nombreux chercheurs s’intéressent aux différents moyens d’améliorer l’observance, notamment par le biais des nouvelles technologies. Un article paru dans le Journal of American Medicine a ainsi établi que l’envoi de SMS aux patients pouvait faire passer de 50 à 68% leur observance.

Solution miracle ? Pas tout à fait. Les auteurs de l’étude relativisent ces résultats impressionnants : ils ont été obtenus sur une base déclarative et sur une courte durée – 12 semaines en moyenne –  pour des traitements à prendre toute une vie.

Clara Chow, co-auteur de l’article et directrice du service cardiovasculaire du George Institute for Global Health à Sydney souligne néanmoins le potentiel de ces messages écrits, « qui peuvent être délivrés à bas coût et à grande échelle »,  et sont donc «susceptibles d’avoir un bon rapport coût / efficacité » pour tout le monde.

Pour en savoir plus : http://khn.org/news/study-doctors-texts-can-prod-patients-to-take-drugs-but-questions-linger/ (en anglais)

http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2484905

Etude de jalma sur l’observance

 

La cuillère intelligente et la maladie de Parkinson

liftware-smartsante

Liftware propose une cuillère connectée qui vise à améliorer la vie quotidienne des patients atteints de la maladie de Parkinson.
Le manche intelligent est constitué de petits moteurs capables de détecter les tremblements et ainsi de les neutraliser en créant un mouvement contraire le tout en les différenciant des mouvement naturels de la main.
Mais la cuillère Liftware va plus loin ! Au fur et à mesure de l’utilisation par le patient, elle L’autre élément intéressant est qu’au fur et à mesure de l’utilisation par le patient, la cuillère mémorise ses mouvements pour mieux les anticiper et les adapter.

Plus que du bien être, cet objet intelligent améliore durablement et significativement la qualité de vie quotidienne des patients atteints de la maladie de Parkinson. Dommage que cette cuillère ne soit pas connectée à une application ou un service web de suivi plus global de la maladie… Pour une prochaine version, peut-être ? ça ce serait de la #smartsanté !

Plus d’informations sur leur site internet : http://www.google.com/liftware/

Après l’Evidence-based medicine, la Data-based medicine

Data-based medicinePendant longtemps, la médecine était avant tout un art. Un art certes non pas destiné à faire jaillir le beau à partir du néant, mais voué à faire triompher la santé contre la maladie. Elle était alors un savant dosage entre manipulations, interventions chirurgicales et autres prescription de drogues, dosage dont l’efficacité relevait avant tout du sens clinique et de l’expérience personnelle du médecin. L’appellation même d’art médical montre que la science n’était pas vraiment au cœur de la pratique.

L’avènement de l’Evidence-based medicine (EBM), ou médecine fondée sur les preuves, apparue vers la fin du 20ème siècle, a marqué un tournant décisif dans la pratique médicale, en imprimant une démarche scientifique et rationalisée à la prise de décisions médicales. De façon très schématique, l’EBM consiste à pratiquer la médecine conformément à des règles quasi-universelles, dont l’efficacité a été scientifiquement prouvée – d’où sa traduction française « médecine fondée sur les preuves ». Pour simplifier, c’est comme si le médecin moderne, au lieu de se fier à ses seuls bon sens et expertise, certes indispensables, se référait constamment à l’expérience cumulée et actualisée de tous ses pairs, issus du monde entier.

L’EBM concerne notamment les deux moments phares de la prise en charge médicale, le diagnostic et le choix thérapeutique, pour lesquels les médecins sont incités à s’appuyer à des recommandations dites de bonne pratique, dédiées à leur spécialité. La pertinence de cette démarche ne saurait être remise en question : l’EBM est aujourd’hui très largement admise et pratiquée. La numérisation, avec la traduction des protocoles médicaux issus de l’EBM en algorithmes informatisés, a permis d’optimiser encore la fiabilité de cette démarche scientifique.

Un saut quantique est actuellement en train de se produire : après l’Evidence-based medicine, bienvenue dans la Data-based medicine (DBM) ! Avec cette nouvelle médecine, basée sur l’analyse de données de santé du patient, ou plus exactement de « bases de données santé » au vu de la quantité et de la qualité des données, le processus de rationalisation franchit un cap majeur. Les données de santé du patient, recueillies grâce aux nouveaux objets du Quantified-self, peuvent être croisées avec les bases de connaissances médicales de l’EBM, pour garantir une médecine encore plus fiable et personnalisée. Mise en équation : EBM + QS = DBM !!

En vrac quelques-uns des avantages procurés par la DBM : volume phénoménal de données patient pouvant être analysées, capacité d’analyser ce volume de façon combinée, remarquable fiabilité des données analysées, possibilité d’historisation des données, contribution à une base de données santé mondiale. Mais surtout, la visibilité apportée au médecin sur l’état de santé de son patient est inédite et absolument prodigieuse, et lui permet d’envisager la pratique de son métier avec un nouveau regard.