Le cholestérol bientôt has-been ?

comment-savoir-que-l’-un-problème-de-cholestérolUne nouvelle classe de médicaments contre le cholestérol, en développement depuis plusieurs années, devrait arriver sur le marché français en 2017.  Ces nouveaux anti-cholestérol appelés Inhibiteurs du PCSK9 ou « anti-PCSK9 » permettraient d’abaisser le taux de « mauvais cholestérol », c’est-à-dire de cholestérol LDL,  de façon considérable tout en étant très bien tolérés. La population potentielle concernée est conséquente : environ deux tiers des patients à haut risque de souffrir d’un accident cardiovasculaire n’ont pas à ce jour un taux de cholestérol LDL suffisamment bas.

Actuellement, les principaux médicaments utilisés pour abaisser le cholestérol LDL sont les statines. Ces médicaments ont largement fait leurs preuves sur la grande majorité des patients mais ne permettent pas toujours d’abaisser suffisamment le taux de  cholestérol LDL aux cibles recommandées et sont souvent mal tolérés par les patients en raison de leurs multiples effets secondaires, dont les plus fréquents sont les troubles musculaires.

Dans la course au développement de ces nouvelles molécules, deux laboratoires sont aujourd’hui très avancés : Sanofi avec le Praluent et Amgen avec le Répatha. Ces médicaments, qui se présentent sous forme injectable, ont déjà reçu un avis favorable de mise sur le marché de la part de l’Agence européenne du médicament et sont même déjà commercialisés aux Etats-Unis.

Toutefois, leur indication reste pour le moment limitée aux cas des hypercholestérolémies familiales qui est une forme rare d’excès de cholestérol, ou lorsque des doses optimales de statines n’ont pas permis de contrôler le taux de cholestérol. Pour ouvrir plus grandes les vannes, les autorités de régulation attendent des études permettant de montrer une baisse des événements cardiovasculaires, qui ne sont pas encore disponibles.

La vraie raison des restrictions d’autorisation de mise sur le marché est cependant ailleurs : les prix proposés par les laboratoires se situent entre 7000 et 12 000 dollars par an, soit 100 fois le prix des statines, ce qui promet de féroces discussions entre les organismes de Sécurité sociale et des laboratoires qui espèrent bien entendu récidiver le succès des statines, dont la plupart sont aujourd’hui dans le domaine public, et donc génériquables à bas prix.

 

Pour en savoir plus : http://francais.medscape.com/voirarticle/3601509#vp_2

http://lemonde.fr/economie/article/2015/07/25/une-nouvelle-generation-d-anticholesterols-attise-les-rivalites-entre-laboratoires_4698098_3234.html?xtmc=pcsk9&xtcr=3

Du sport sur ordonnance

Senior woman on elliptical trainer exercising in gymL’Assistance Publique Hôpitaux de Paris a signé la semaine dernière une convention pour l’accueil de 750 malades chroniques sur une plateforme dédiée à la pratique sportive. 550 adultes et 200 enfants atteints de maladies chroniques seront accueillis respectivement à l’Hôtel-Dieu et à  Robert Debré. Chez les adultes, les premiers bénéficiaires seront les patients atteints de BPCO, du sida, de maladies rhumatismales inflammatoires ou de cancers. Cette initiative n’est pas la première du genre puisque la ville de Strasbourg avait déjà signé en 2012 une charte avec 170 médecins généralistes pour la prescription de « sport-santé ».

Les bienfaits de la pratique d’une activité physique adaptée (APA) pour les personnes souffrant de maladies graves sont désormais bien décrits. Pour les patients en cours de traitement, en phase de consolidation ou de rémission, l’activité sportive facilite la gestion des effets secondaires et permet de réduire la fatigue liés au traitement. L’activité physique améliore aussi le pronostic vital, elle réduirait ainsi de 30 à 40% le risque de récidive pour un patient atteint d’un cancer du sein ou du côlon. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles le directeur du pilotage de la transformation à AP-HP est convaincu que le bilan médico-économique de l’initiative sera gagnant.

La pratique d’une activité sportive, au même titre que la mise en place de mesures hygiéno-diététiques, fait partie de ce que la HAS appelle « les thérapeutiques non médicamenteuses », que les autorités de santé souhaitent promouvoir.

Au-delà des personnes malades, rappelons que ces pratiques hygiéno-diététiques sont bonnes à appliquer en prévention primaire. Il faut cependant raison garder et se méfier de certaines initiatives en cours pour faire prendre en charge les abonnements aux salles de sport par l’Assurance Maladie et/ou les mutuelles. Le taux de recours risquerait, sur la base des observations actuelles, d’être extrêmement faible, ce qui poserait immanquablement la question de la légitimité du financement par la collectivité d’actions aussi peu efficaces. L’irruption du collectif dans un domaine, la prévention primaire, éminemment personnel est donc un exercice à haut risque.

Pour en savoir plus : http://sante.lefigaro.fr/actualite/2016/04/19/24875-hopitaux-parisiens-adoptent-sport-sur-ordonnance

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2016/04/21/ap-hp-lhotel-dieu-en-partie-transforme-en-salle-de-sport_807076

Quand le stent devient intelligent…

instent-logo-final_bannerEnviron 200 000 stents sont posés chaque année en France, et plus de 7 millions dans le monde. Ces petits ressorts métalliques sont utilisés en cardiologie après une angioplastie (dilatation d’une artère obstruée par une plaque d’athérome) pour maintenir l’artère ouverte et ainsi diminuer le risque qu’elle s’obstrue à nouveau.

Malheureusement, des complications suite à la pose de ce dispositif surviennent dans 10 % des cas du fait du processus de cicatrisation. Après la pause du stent, les cellules composant la paroi des artères sont abîmées et perdent temporairement leur fonction anticoagulante, ce qui rend nécessaire un traitement adapté. Mais cette phase de cicatrisation varie d’un individu à l’autre, et il est donc délicat de savoir précisément combien de temps doit durer le traitement. Si celui-ci est trop long, le patient est trop anticoagulé et peut faire une hémorragie. Si, au contraire, il est trop court, un caillot peut se former et obstruer l’artère.

C’est pour répondre à cet enjeu que la start-up Instent a développé un stent intelligent, doté de micro-capteurs capables de mesurer l’avancement de la cicatrisation en analysant les propriétés électriques des différents tissus. Le stent peut alors envoyer l’information que la cicatrisation est terminée.

Un prototype a pour l’instant été testé sur animal avec succès, propulsant la start-up française sous le feu des projecteurs. Elle a notamment été remarquée par la MIT Technology Review. Affaire à suivre de près, car il y a fort à parier que si l’aventure est concluante, les applications de ces nouveaux capteurs seront multiples.

Les essais cliniques sur l’homme sont prévus pour 2018.

 

Pour en savoir plus :

Le Figaro Santé : Cardiologie : les séduisantes promesses du stent «intelligent»

Instent : http://www.instent.eu/

 

Maladies chroniques : améliorer l’observance serait plus utile que de nouveaux traitements

Colorful caplets on smartphone screen, isolated on white background

Dans les pays développés, l’observance chez les patients atteints de maladies chroniques est à peine de 50%. A peine un médicament prescrit sur deux est donc réellement pris et une recommandation médicale sur deux suivie.

Selon une étude du cabinet de conseil jalma, 12 000 décès et 100 000 hospitalisations complètes seraient imputables à ce manque de suivi des traitements et recommandations médicales. Le surcoût pour l’Assurance Maladie se situerait quant à lui dans une fourchette allant de 3 à 5 milliards d’€, la palme revenant à la psychiatrie, pour laquelle le seul surcoût lié aux hospitalisations évitables découlant de la non-observance est estimé à 500 M€. Les enjeux médico-économiques liés à la non-observance sont tels que l’OMS concluait déjà dans un rapport de 2003 « qu’améliorer l’efficacité des solutions d’aide à l’observance pourrait avoir bien plus d’impact sur la santé publique que l’arrivée de nouveaux traitements ».

C’est ainsi que de nombreux chercheurs s’intéressent aux différents moyens d’améliorer l’observance, notamment par le biais des nouvelles technologies. Un article paru dans le Journal of American Medicine a ainsi établi que l’envoi de SMS aux patients pouvait faire passer de 50 à 68% leur observance.

Solution miracle ? Pas tout à fait. Les auteurs de l’étude relativisent ces résultats impressionnants : ils ont été obtenus sur une base déclarative et sur une courte durée – 12 semaines en moyenne –  pour des traitements à prendre toute une vie.

Clara Chow, co-auteur de l’article et directrice du service cardiovasculaire du George Institute for Global Health à Sydney souligne néanmoins le potentiel de ces messages écrits, « qui peuvent être délivrés à bas coût et à grande échelle »,  et sont donc «susceptibles d’avoir un bon rapport coût / efficacité » pour tout le monde.

Pour en savoir plus : http://khn.org/news/study-doctors-texts-can-prod-patients-to-take-drugs-but-questions-linger/ (en anglais)

http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2484905

Etude de jalma sur l’observance

 

Attention aux sucres cachés !

Portion of white sugarOn connait l’impact d’une consommation excessive de sucre sur la santé : obésité, diabète, maladies cardiovasculaires… Autant de raisons d’essayer de se rationner ! Conscient de ces enjeux, l’OMS a récemment revu ses recommandations à la baisse et préconise désormais de consommer l’équivalent de 25g de sucre par jour (contre 50g avant mars 2015).

Le problème est que même en essayant de faire attention, il est extrêmement difficile de mettre en pratique ces bons conseil, le sucre est partout et avance masqué. Une seule canette de coca cola en contient 35g, soit 40 % de plus que la quantité journalière recommandée ! D’autres produits, moins visibles, ne sont pas en reste : Un grand bol de soupe industrielle acheté en rentrant le soir dans la supérette du coin de la rue pour manger diététique contient environ 20g de sucre, le yaourt aromatisé qui l’accompagne entre 15 et 20g, etc. Les céréales du petit déjeuner du lendemain contiennent toutes des quantités importantes de sucre quelle que soit la marque. Les boissons chaudes qu’on ingurgite à la hâte en arrivant au bureau sont encore bien pires : une étude menée par l’ONG britannique « Action on Sugar », qui prend pour cible les boissons chaudes proposées par des chaînes comme Starbucks ou Costa Coffea, montre qu’en buvant un grand thé chai « Hot Spiced Fruit » on consomme 99g de sucre, ce qui représente l’équivalent de 25 cuillères à café…

Notre recommandation si vous voulez réduire drastiquement votre consommation de sucre : évitez toute préparation industrielle dans votre alimentation, en tout cas tant que les industriels seront aussi irresponsables. En espérant que ce boycott les fera changer d’attitude…

 

Pour en savoir plus :

Action on sugar : Shocking amount of sugar found in many hot flavoured drinks

Passeportsanté.net : sucres cachés, où les trouver ?

L’OMS appelle les pays à réduire l’apport en sucres chez l’adulte et l’enfant

Compte Instagram @dealerdesucre

La cuillère intelligente et la maladie de Parkinson

liftware-smartsante

Liftware propose une cuillère connectée qui vise à améliorer la vie quotidienne des patients atteints de la maladie de Parkinson.
Le manche intelligent est constitué de petits moteurs capables de détecter les tremblements et ainsi de les neutraliser en créant un mouvement contraire le tout en les différenciant des mouvement naturels de la main.
Mais la cuillère Liftware va plus loin ! Au fur et à mesure de l’utilisation par le patient, elle L’autre élément intéressant est qu’au fur et à mesure de l’utilisation par le patient, la cuillère mémorise ses mouvements pour mieux les anticiper et les adapter.

Plus que du bien être, cet objet intelligent améliore durablement et significativement la qualité de vie quotidienne des patients atteints de la maladie de Parkinson. Dommage que cette cuillère ne soit pas connectée à une application ou un service web de suivi plus global de la maladie… Pour une prochaine version, peut-être ? ça ce serait de la #smartsanté !

Plus d’informations sur leur site internet : http://www.google.com/liftware/

Santé digitale : Raison ou Passion ?

Santé digitale Raison ou PassionLes ornières dans lesquelles se trouve notre système de santé depuis des années n’ont jamais constitué un moteur suffisant pour générer la diffusion massive des nouvelles technologies en santé, quand bien même celles-ci portaient en elles des éléments salutaires. Force est de constater que tous les efforts d’évangélisation, et même les discours alarmistes, destinés à faire bouger les différents acteurs de santé, seront restés lettres mortes. Ce n’est donc pas une soudaine prise de conscience des difficultés qui est aujourd’hui à l’origine de l’explosion de la santé connectée, tant en termes d’utilisation que de production.

Non, ce qui l’explique, c’est à coup sûr l’engouement incroyable de la société pour ces nouvelles solutions, des solutions amusantes et ergonomiques découlant directement du smartphone.

Il était évident que la digitalisation envahirait la santé comme elle l’a fait plus tôt dans tous les autres domaines de la consommation. Elle a fortement contribué à remodeler notre société, qui est devenue férue de solutions ludiques, faciles et rapides, comme les applications mobiles. Quitte à remiser au placard tout ce qui ne répond pas parfaitement à ces critères : les cyber-individus, qui ont accès à tout, vite et à tout moment, sont aussi très exigeants !!

La société actuelle a également des velléités nouvelles, et qui sembleraient parfaitement incongrues pour qui serait exilé sur Mars depuis dix ans : l’envie permanente de tout partager et commenter, quel que soit le sujet. Cette envie n’épargne pas la santé : les réseaux sociaux de patients se multiplient, tout comme la publication de données de santé personnelles. Ce partage favorise évidemment la transmission de l’information médicale, qui n’est alors plus captive d’une poignée d’érudits, les soignants, mais arrive à la portée de chacun d’entre nous.

Ces changements sont trop profonds pour ne pas être durables. Le développement de solutions de santé digitale va inéluctablement faire naître de nouveaux besoins, tant chez les patients que chez les soignants. Et ces besoins pousseront les industriels à encore plus de créativité pour imaginer et construire la santé de demain. Là se situe le cœur du réacteur, et le reste suivra.

Preuve une fois de plus que notre société, pour le moins hédoniste, avance plus avec la passion qu’avec la raison !