Auteur : Florence Desthieux

Une nouvelle balance qui permet de mesurer la santé cardiovasculaire !

BodyCardio2Les balances ne se contentent plus d’indiquer le poids. La société française Withings vient en effet de lancer sur le marché « Body Cardio », son tout nouveau pèse-personne connecté.

Au-delà du poids, la balance affiche une batterie d’informations : l’indice de masse corporelle, la masse grasse, musculaire, hydrique et osseuse, la fréquence cardiaque et surtout, nouveauté de ce modèle, la « vitesse d’onde de pouls », donnée qui n’était jusqu’alors disponible qu’en milieu hospitalier.

Mais à quoi correspond cette mesure ? Le pouls correspond au rythme de l’activité du cœur, quand celui-ci pompe pour envoyer le sang à travers les artères. Chaque pulsation s’accompagne d’une onde, qui court le long des artères jusqu’aux extrémités du corps. La vitesse de l’onde de pouls (VOP) se mesure en calculant le temps mis par cette onde à parcourir le circuit artériel et traduit d’une certaine façon l’état de ce dernier.

Cette mesure est influencée par le mode de vie et les principaux facteurs de risque tels que la pression artérielle et le cholestérol. Ainsi, plus la vitesse est élevée, plus les artères sont rigides et plus il y a de risques de développer de l’hypertension ou tout autre type de maladie cardiovasculaire. Selon le Dr. Boutouyrie, cardiologue à l’hôpital Georges Pompidou, « la vitesse d’onde de pouls est une mesure essentielle, la plus fiable pour évaluer la santé cardiovasculaire ».

Une fois cette donnée en mains, il est possible de visualiser sur son application si cette mesure est optimale ou non. On peut ensuite agir en modifiant son mode de vie, c’est-à-dire en perdant du poids, en reprenant une activité physique, en adoptant une alimentation plus saine (moins de sel, moins de gras), en réduisant le stress et la consommation d’alcool pour constater directement les bienfaits de ces mesures sur ses artères. Une nouvelle technologie au service de la smartsanté !

Pour en savoir plus : http://www.withings.com/eu/fr/products/body-cardio

Le cholestérol bientôt has-been ?

comment-savoir-que-l’-un-problème-de-cholestérolUne nouvelle classe de médicaments contre le cholestérol, en développement depuis plusieurs années, devrait arriver sur le marché français en 2017.  Ces nouveaux anti-cholestérol appelés Inhibiteurs du PCSK9 ou « anti-PCSK9 » permettraient d’abaisser le taux de « mauvais cholestérol », c’est-à-dire de cholestérol LDL,  de façon considérable tout en étant très bien tolérés. La population potentielle concernée est conséquente : environ deux tiers des patients à haut risque de souffrir d’un accident cardiovasculaire n’ont pas à ce jour un taux de cholestérol LDL suffisamment bas.

Actuellement, les principaux médicaments utilisés pour abaisser le cholestérol LDL sont les statines. Ces médicaments ont largement fait leurs preuves sur la grande majorité des patients mais ne permettent pas toujours d’abaisser suffisamment le taux de  cholestérol LDL aux cibles recommandées et sont souvent mal tolérés par les patients en raison de leurs multiples effets secondaires, dont les plus fréquents sont les troubles musculaires.

Dans la course au développement de ces nouvelles molécules, deux laboratoires sont aujourd’hui très avancés : Sanofi avec le Praluent et Amgen avec le Répatha. Ces médicaments, qui se présentent sous forme injectable, ont déjà reçu un avis favorable de mise sur le marché de la part de l’Agence européenne du médicament et sont même déjà commercialisés aux Etats-Unis.

Toutefois, leur indication reste pour le moment limitée aux cas des hypercholestérolémies familiales qui est une forme rare d’excès de cholestérol, ou lorsque des doses optimales de statines n’ont pas permis de contrôler le taux de cholestérol. Pour ouvrir plus grandes les vannes, les autorités de régulation attendent des études permettant de montrer une baisse des événements cardiovasculaires, qui ne sont pas encore disponibles.

La vraie raison des restrictions d’autorisation de mise sur le marché est cependant ailleurs : les prix proposés par les laboratoires se situent entre 7000 et 12 000 dollars par an, soit 100 fois le prix des statines, ce qui promet de féroces discussions entre les organismes de Sécurité sociale et des laboratoires qui espèrent bien entendu récidiver le succès des statines, dont la plupart sont aujourd’hui dans le domaine public, et donc génériquables à bas prix.

 

Pour en savoir plus : http://francais.medscape.com/voirarticle/3601509#vp_2

http://lemonde.fr/economie/article/2015/07/25/une-nouvelle-generation-d-anticholesterols-attise-les-rivalites-entre-laboratoires_4698098_3234.html?xtmc=pcsk9&xtcr=3

AVC : des signaux d’alerte à ne pas négliger

doctor view output CT scan.La journée européenne de l’AVC qui a eu lieu ce samedi 14 mai est l’occasion de rappeler l’importance de la prise en charge rapide des « accidents ischémiques transitoires », essentielle pour réduire le nombre d’AVC.

En effet, les AVC ne surviennent pas systématiquement de façon brutale sans le moindre signe d’alerte préalable. Environ un accident cérébral vasculaire (AVC) sur quatre est précédé d’un « accident ­ischémique transitoire » (AIT) qui est une sorte de « mini AVC » : de la même façon que pour un AVC, un caillot vient se loger dans une artère et bloquer la circulation sanguine. Toutefois, dans le cas d’un AIT, cela ne dure que quelques secondes à quelques minutes puis disparait sans laisser de trace. Résultat, de nombreuses personnes affectées par des AIT ignorent ces symptômes, pensant – à tort – que le risque a disparu. Or une étude a montré que dans 12 à 20% des cas, l’AIT est suivi d’un AVC au cours des trois mois qui suivent.

Mais quels sont ces signes, qui restent souvent méconnus ?  Ce sont les mêmes que ceux d’un AVC. Survenant toujours brutalement, ils sont brefs et réversibles. Il peut s’agir de troubles de la parole (une incapacité soudaine à prononcer ou à trouver les mots), d’une difficulté d’articulation, de faiblesses ou d’une paralysie d’un membre, d’une perte de vue ou d’équilibre…

Lorsque l’on présente ces symptômes, même s’ils disparaissent ensuite, il est indispensable d’aller rapidement consulter un médecin voire, lorsque cela est possible, de se rendre dans l’une des « cliniques SOS-AIT » existante. Ces cliniques répondent à un défi majeur : réaliser en moins de trois heures tous les examens nécessaires. A l’issue de ce bilan, 70 % à 75 % des malades rentrent chez eux avec une ordonnance de traitement préventif ; 25 % à 30 % sont hospitalisés pour un traitement immédiat.

Hélas, la France accuse un certain retard dans ce domaine : il existe seulement deux cliniques spécialisées dans la prise en charge des AIT (l’une à Paris et l’autre à Toulouse), alors que la Grande Bretagne compte déjà 200 structures équivalentes. « Ces cliniques ont permis d’éviter 10 000 AVC par an au Royaume-Uni. Elles ont aussi permis d’économiser 200 millions de livres sterling [250 millions d’euros], uniquement sur les coûts de la prise en charge en aigu », explique Peter Rothwell de l’université d’Oxford. En France, l’enjeu de santé publique est pourtant de taille car lorsque l’attaque cérébrale survient, en moyenne seuls 5 % des patients français reçoivent un traitement efficace dans un délai de six heures.

 

Pour en savoir plus : http://lemonde.fr/sciences/article/2016/04/25/traiter-en-urgence-les-premices-d-un-avc_4908330_1650684.html

Un scanner pour analyser tout ce que nous mangeons !

C’est en touconsommer-5-fruits-et-légumes-par-jourt cas la promesse faite par les sociétés TellSpec et Consumer Physics, qui ont conçu des scanners alimentaires  permettant de déterminer les ingrédients composant un aliment à partir de son analyse spectrographique. Le scanner, qui se présente sous forme de boitier, envoie un faisceau de lumière en direction de l’aliment. Ce faisceau est renvoyé sous forme d’ondes qui sont ensuite analysées par le spectromètre contenu dans le boitier.

TellSpec se propose même d’aller plus loin en déterminant le nombre de calories, les allergènes ou encore l’index glycémique de chaque aliment. L’étape suivante, qui selon Directeur général de Consumer Physics « n’est qu’une question de temps », est de pouvoir identifier la présence de pesticides ou de perturbateurs endocriniens dans les aliments.

Au-delà d’une application évidente pour les personnes diabétiques qui ont besoin de connaitre l’index glycémique de ce qu’elles mangent pour adapter leur traitement, cette nouvelle technologie permettra à chacun d’entre nous de mieux connaître le contenu véritable de son assiette. Ainsi, nous pourrons enfin savoir rapidement si le poisson que nous achetons chez le poissonnier contient ou non du mercure, si les fruits et légumes qui nous sont proposés sur le marché du dimanche ont été ou non traités aux pesticides ou encore quelle quantité d’additifs contiennent les différents plats cuisinés que nous propose notre supermarché.

Rendez-vous en septembre 2016 pour tester ces nouveaux outils et ne plus être contraints de déchiffrer laborieusement les différentes étiquettes des produits que nous achetons …

En 40 ans, les enfants ont perdu près de 25 % de leur capacité cardiovasculaire !

Enfant_CVv2C’est le constat alarmant qui a été fait par la Fédération Française de Cardiologie ! La raison ? Les enfants bougent de moins en moins. Et pour cause, aujourd’hui les enfants ont tendance à préférer passer leur temps libre devant la télévision, les tablettes ou encore les jeux vidéo. Ainsi, en France, moins de 50 % des enfants respectent les 60 minutes d’activité physique quotidienne recommandées. A contrario, une étude du CSA a révélé que les enfants de 4 à 10 ans passent en moyenne deux heures par jour devant un écran.

Et cela n’est pas sans conséquence : bouger dès l’enfance permet de se constituer un « Capital Santé », qui permettra d’éviter plus tard le surpoids, l’augmentation de la pression artérielle, de la glycémie et du cholestérol. A cause de ces mauvaises habitudes, les nouvelles générations risquent d’avoir une moins bonne santé cardiovasculaire que leurs aînés. Cela a d’ailleurs déjà été observé de manière très concrète puisqu’en « 40 ans, nos collégiens ont perdu environ 25% de leur capacité physique. C’est-à-dire qu’ils courent moins vite et moins longtemps… En 1971, un enfant courait 800 mètres en 3 minutes, en 2013 pour cette même distance, il lui en faut 4 » affirme le Pr Carré (Fédération française de cardiologie, CHRU de Rennes).

Comment agir face à ce fléau ? Les parents ont un rôle primordial à jouer dans la lutte contre la sédentarité de leurs chers bambins. Inciter les enfants à marcher pour aller à l’école, privilégier les activités en plein air, etc. sont autant  de gestes du quotidien qui permettront à l’enfant de ne pas s’encroûter durablement.

Cette sonnette d’alarme tirée par les cardiologues et les pédiatres intervient à la veille du lancement de l’opération « Les parcours du cœur scolaires », qui se déroule dans les établissements scolaires jusqu’au 15 mai prochain. Objectif affiché : proposer des épreuves d’activité physique aux enfants, et leur donner des conseils de prévention sur la santé cardiovasculaire. Louable initiative : la #smartsanté commence par la prise de conscience que la santé cardiovasculaire à l’âge adulte se forge (ou pas) dès le plus jeune âge !

 

Pour en savoir plus : http://fedecardio.org/sites/default/files/pdf/2015-02-15_cp_parcours_du_coeur_scolairevf.pdf

Apple renforce son offre santé !

AppleCarekitLors de la fameuse « keynote » du 21 mars dernier, Apple a présenté, outre son nouvel smartphone et sa nouvelle tablette, un logiciel qui permettra de créer des applications pour les patients. Ce logiciel « CareKit » a pour but de faciliter la création d’applications permettant aux malades de suivre plus facilement leur programme de soins et de surveiller leurs symptômes ainsi que la prise des médicaments, tout en partageant ces informations avec les familles et l’équipe soignante.

L’an dernier, Apple s’était déjà positionné dans le domaine médical en proposant un logiciel à destination des chercheurs, « ResearchKit ». Ce logiciel avait rencontré beaucoup de succès en permettant notamment la création d’applications permettant de réaliser des études sur de grands échantillons de personnes sur des sujets comme la dépression postpartum (University of North Carolina), sur l’asthme (Mount Sinaï) ou encore sur les maladies cardiovasculaires (Stanford).

Au lancement de « CareKit » le mois prochain, quatre modules seront déjà proposés. Care Card qui a pour but d’aider les patients à suivre leur programme de soins et à respecter un protocole précis. Symptom and Measurement Tracker qui permettra aux utilisateurs d’enregistrer facilement leurs symptômes et leurs sensations. Insight Dashboard qui compare les symptômes et le protocole figurant sur la Care Card pour montrer facilement l’efficacité des traitements. Et enfin Connect avec lequel les utilisateurs peuvent facilement partager des informations sur leur santé ou l’évolution de leur pathologie avec les médecins, les équipes de soins ou leurs proches.

Ces différents modules disponibles en open source pourront ainsi être aisément adaptés par des développeurs pour répondre aux besoins de chaque pathologie.

La puissance de ces outils, couplée aux objets connectés Apple (smartphone, tablettes et montres intelligentes), laisse présager de nombreuses évolutions dans le suivi médical des patients. A contrario, Apple sera confronté plus que jamais au défi de la sécurité des échanges et du stockage des données de santé !

Pour en savoir plus :

http://www.apple.com/researchkit/

http://www.apple.com/fr/pr/library/2016/03/21Apple-Advances-Health-Apps-with-CareKit.html

Quand la notion de bonne santé devient relative

Une étude publiéPlaquettes de médicamentse par l’Irdes (Institut de recherche et documentation en économie de la santé) montre que 40 % des plus de 75 ans consomment quotidiennement plus de dix médicaments.

Comment expliquer une polymédication aussi massive ? Par l’allongement de l’espérance de vie. Les personnes très âgées souffrent généralement d’une ou plusieurs maladies chroniques pour la simple raison qu’elles sont très âgées et ces maladies nécessitent une prise en charge médicamenteuse massive. Ces traitements ne sont  pas sans risques : au « surcoût généré par la consommation de médicaments inutiles s’ajoute le coût de l’iatrogénie en termes d’hospitalisation, de consultations et de traitements », insiste l’Irdes.

Cette étude met également en avant le fait que le nombre de médicaments pris par une personne âgée varie d’une région à l’autre. Ainsi Les personnes qui habitent au nord ou dans le centre de la France sont plus polymédiquées que la moyenne, alors que celles résidant en Haute-Savoie ont un moindre risque de l’être (Miracle de l’altitude ? Thérapie par le ski ?). La polymédication fait aussi fi de la parité entre les sexes : elle concerne plus les femmes que les hommes.

Une étude réalisée par le cabinet de conseil jalma en partenariat avec l’IFOP en novembre 2015 recoupe les constats de l’Irdes et donne un éclairage intéressant de la vision qu’ont les intéressés eux-mêmes du phénomène de polymédication. 71 % des plus de 60 ans déclarent être polymédiqués pour le traitement  d’une ou plusieurs maladies chroniques.  A contrario, 86 % d’entre eux s’estiment en bonne santé.  Force est donc de constater qu’aujourd’hui on n’est plus en bonne santé parce qu’on n’est pas malade, mais parce qu’on est bien soigné. Et qu’on peut le rester pendant très longtemps.

 

Pour en savoir plus :

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2016/03/04/40-des-personnes-de-plus-de-75-ans-consomment-plus-de-dix-medicaments_798626

http://www.jalma.com/publications/

Twitter outil de recherche biomédicale

 

Twitter_logo_blueAvec 500 millions de tweets publiés chaque jour, Twitter, lancé en 2006, est devenu un moyen de communication indispensable pour les jeunes, les intellectuels, les journalistes, les politiques, mais aussi pour les scientifiques et les professionnels de santé.

Il permet en particulier à la communauté scientifique d’échanger, de commenter un événement scientifique ou médical, de commenter une publication ou encore de suivre des développements thérapeutiques.

Les scientifiques et professionnels de santé ne sont pas les seuls à utiliser Twitter. Les patients utilisent également les réseaux sociaux pour former des réseaux de patients et partager des informations sur leur maladie et ses traitements, fournir du soutien à d’autres malades ou exprimer des émotions liées à leur maladie.

Par exemple, une équipe de médecins de l’Abramson cancer Center de l’université de Pennsylvanie a recensé plus 15 346 tweets qui contenaient les mots « cancer du poumon ». En analysant leur contenu, ils se sont rendu compte que la majorité des tweets parlaient de soutien moral et de prévention et qu’une proportion moins importante faisait référence à des essais cliniques.

Au-delà des nombreux échanges qui se font sur Twitter, le réseau social est une source de données considérable pour analyser les comportements des patients et leurs échanges ou encore pour accélérer le recrutement des patients pour les études cliniques.

Ainsi on compte aujourd’hui dans Pubmed, le célèbre moteur de recherche de publications scientifiques plus d’un millier d’articles dont le sujet est lié à Twitter et à son influence dans la santé ou les comportements.

Enfin, un nouvel enjeu est d’utiliser Twitter pour faire de la pharmacovigilance c’est-à-dire détecter des effets indésirables ou secondaires liés à l’usage des médicaments. Tel est l’objectif d’un des projets lancés dans le cadre d’Epidemium, premier programme de recherche participatif en épidémiologie pour mieux comprendre le cancer grâce au Big Data, qui a été lancé par Roche France et La Paillasse en novembre 2015.  Un grand jeu de données de tweets sur les médicaments anti-cancers sera analysé à l’aide des méthodes d’analyse du langage naturel (Natural Language Processing) et des algorithmes de Machine Learning afin de détecter des effets indésirables liés à l’usage de ces médicaments. Ces résultats seront utilisés pour constituer une base de connaissances pour la pharmacovigilance destinée dans un premier temps aux groupes pharmaceutiques et aux autorités de santé et de régulation.

Pour en savoir plus : http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-154901-big-data-loiseau-bleu-a-fait-son-nid-en-sante-et-en-recherche-biomedicale-sur-le-cancer-1205495.phpxwDj14BRCkWmE6dQ.99

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2016/03/04/twitter-pour-recruter-des-volontaires-aux-essais-cliniques_798711

 

 

Les Français boudent le dépistage du cancer du côlon

Magen-Darm Schmerzen - anatomische 3D-IllustrationSeuls 30% des Français se font dépister pour le cancer du côlon alors qu’il s’agit de l’un des plus meurtriers : 42 000 nouveaux cas sont déclarés tous les ans en France et il y fait 17 500 victimes chaque année. Et pourtant selon l’étude OpinionWay menée en décembre 2015 par le Conseil National Professionnel d’Hépato Gastro-Entérologie (CNPHGE), une large majorité des Français déclare connaitre cette maladie et les moyens de la dépister.

Entre la prise de conscience et la réalité, il existe donc un véritable fossé ! Comment expliquer ce décalage ? Différentes raisons ont été mises en avant par cette étude : 59 % des personnes interrogées déclarent que leur médecin ne leur a jamais recommandé un dépistage de ce cancer et une sur quatre a de la coloscopie la vision d’un examen contraignant et gênant à réaliser.

Et pourtant, « un dépistage précoce est crucial. Lorsqu’il est détecté tôt, le cancer du côlon peut être guéri dans 9 cas sur 10 », explique le Pr Christophe Cellier, chef du service d’hépato-gastro-entérologie de l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris. Sensibiliser les médecins traitants sur l’importance de leur rôle dans la recommandation d’un dépistage est donc indispensable. Et il faut les encourager à mettre en avant les avancées en la matière : un nouveau test plus fiable que les précédents et moins contraignant a été lancé l’année dernière et peut être réalisé chez soi.

Outre le dépistage précoce de ce cancer, des études ont également montré que l’exercice physique réduit de 20 % le risque de cancer du côlon et a un effet bénéfique sur d’autres cancers. Il est donc aussi du devoir du médecin traitant de rappeler qu’il est recommandé de pratiquer de 30 à 60 minutes d’activité physique modérée à intense, au moins cinq fois par semaine !

 

Pour en savoir plus : http://colon-day.fr/wp-content/themes/JointsWP-master/assets/pdf/2016/presse/communique_de_presse_2016.pdf

http://francais.medscape.com/voirarticle/3372703  (article protégé)

 

Vers une reconnaissance du burnout ?

Businessman stressed out at workAu début du mois de février, une proposition de loi favorisant la reconnaissance du burnout comme maladie professionnelle a été déposée par le député Benoît Hamon.

L’Académie de médecine s’est empressée de réagir en rappelant que même si le problème est réel, le burnout reste à ce jour encore très mal défini.

Plus concrètement, l’Académie de médecine estime, dans  un rapport publié quelques jours plus tôt et ayant pour thème l’«effondrement professionnel», qu’avant de reconnaître le burnout comme maladie professionnelle, il faudrait s’entendre sur sa définition. Pour l’heure, « légiférer serait extrêmement périlleux », considère Jean-Pierre Olié coauteur de ce rapport.

Dans la foulée, la Ministre de la santé Marisol Touraine a annoncé la mise en place d’un groupe de travail regroupant médecins, experts et chercheurs pour définir «médicalement le burnout et la manière de le traiter». « Benoît Hamon a raison d’alerter sur ce sujet, mais avant d’en faire une maladie professionnelle, il faut définir ce que c’est que cette maladie », a expliqué Marisol Touraine, car, «médicalement, nous n’avons pas de définition» et « pas de réponse » sur la manière de la soigner. Elle se positionne cependant clairement en faveur de la proposition de Bernard Hamon en expliquant «qu’il est temps de regarder les choses en face. La souffrance au travail, c’est une réalité que l’on ne peut plus escamoter».

Compte tenu de l’inflation galopante du nombre de maladies professionnelles depuis 20 ans, il est probable que le burnout sera reconnu comme tel dans les prochaines années. Mais on sait pourtant qu’une même pression au travail peut être ressentie très différemment d’une personne à une autre ! Le problème est que le burnout est en réalité très proche d’une dépression dont la survenance serait davantage liée aux conditions de travail. Dans la mesure où les causes de  dépression sont multiples et difficiles à identifier précisément (souffrance au travail, mais également personnalité, histoire personnelle, et même hérédité etc.), privilégier la seule piste de la souffrance au travail est un exercice hautement contestable. D’autant qu’une de ses conséquences concrète est le transfert de frais et d’indemnités déjà prises en charge par l’Assurance Maladie à la branche Accident du travail, donc aux entreprises.

 

Pour en savoir plus :

http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion3506.asp

http://www.academie-medecine.fr/articles-du-bulletin/publication/?idpublication=100489