Vers une reconnaissance du burnout ?

Businessman stressed out at workAu début du mois de février, une proposition de loi favorisant la reconnaissance du burnout comme maladie professionnelle a été déposée par le député Benoît Hamon.

L’Académie de médecine s’est empressée de réagir en rappelant que même si le problème est réel, le burnout reste à ce jour encore très mal défini.

Plus concrètement, l’Académie de médecine estime, dans  un rapport publié quelques jours plus tôt et ayant pour thème l’«effondrement professionnel», qu’avant de reconnaître le burnout comme maladie professionnelle, il faudrait s’entendre sur sa définition. Pour l’heure, « légiférer serait extrêmement périlleux », considère Jean-Pierre Olié coauteur de ce rapport.

Dans la foulée, la Ministre de la santé Marisol Touraine a annoncé la mise en place d’un groupe de travail regroupant médecins, experts et chercheurs pour définir «médicalement le burnout et la manière de le traiter». « Benoît Hamon a raison d’alerter sur ce sujet, mais avant d’en faire une maladie professionnelle, il faut définir ce que c’est que cette maladie », a expliqué Marisol Touraine, car, «médicalement, nous n’avons pas de définition» et « pas de réponse » sur la manière de la soigner. Elle se positionne cependant clairement en faveur de la proposition de Bernard Hamon en expliquant «qu’il est temps de regarder les choses en face. La souffrance au travail, c’est une réalité que l’on ne peut plus escamoter».

Compte tenu de l’inflation galopante du nombre de maladies professionnelles depuis 20 ans, il est probable que le burnout sera reconnu comme tel dans les prochaines années. Mais on sait pourtant qu’une même pression au travail peut être ressentie très différemment d’une personne à une autre ! Le problème est que le burnout est en réalité très proche d’une dépression dont la survenance serait davantage liée aux conditions de travail. Dans la mesure où les causes de  dépression sont multiples et difficiles à identifier précisément (souffrance au travail, mais également personnalité, histoire personnelle, et même hérédité etc.), privilégier la seule piste de la souffrance au travail est un exercice hautement contestable. D’autant qu’une de ses conséquences concrète est le transfert de frais et d’indemnités déjà prises en charge par l’Assurance Maladie à la branche Accident du travail, donc aux entreprises.

 

Pour en savoir plus :

http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion3506.asp

http://www.academie-medecine.fr/articles-du-bulletin/publication/?idpublication=100489

 

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