L’« ubérisation » de la médecine est-elle en marche ?

診断書を書く医師Depuis quelques mois, de plus en plus de sociétés privées proposent des services de téléconseil médical. Aucun de ces services n’est pris en charge par la Sécurité sociale faute de cadre réglementaire adéquat. L’arrivée en décembre 2015 d’un site proposant un service de second avis médical pour 295 euros a fini par faire grincer des dents le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) qui a réagi en publiant un rapport sur le sujet.

Ce site de deuxième avis médical n’est pas la seule offre dans le collimateur du CNOM, les téléconsultations proposées par des assureurs ou les services de sites, parfois liés à des mutuelles, qui proposent, à titre onéreux, des téléconseils médicaux personnalisés sont également visés.

Face à ce qu’il appelle« l’ubérisation de la santé »,  le  CNOM réclame un assouplissement de la législation sur la télémédecine et  la prise en charge par l’Assurance Maladie des actes associés ainsi qu’une meilleure régulation de ces services en ligne.

En effet, alors que 70 % des médecins jugent nécessaires d’intégrer une dimension numérique dans le parcours de soins, la législation ne leur permet pas actuellement de se faire rémunérer pour ce type de services : le décret sur la télémédecine (datant du 10 octobre 2010) ne prévoit la prise en charge des actes concernés  que dans des situations très particulières.

Le débat sur la rémunération des actes de médecine à distance sous toutes ses formes  est enfin ouvert et c’est une excellente chose car sans financement organisé, ils ont très peu de chances de se développer au rythme rendu nécessaire par la pénurie croissante de médecins. Il s’annonce complexe et semé d’embûches : la seule rémunération à l’acte ne conviendrait pas, fait à juste titre observer le CNOM,  pour qui une formule de forfait, permettant le suivi d’une pathologie au long cours, pourrait être explorée. Le médecin interviendrait au téléphone ou par internet pour modifier par exemple l’administration d’un médicament ou sa posologie, sans que le patient ne soit obligé de payer pour chacun de ces actes.

Il ne reste plus qu’à souhaiter que ces propositions sensées soient entendues par les pouvoirs publics et que le cadre réglementaire s’adapte enfin à l’environnement technologique. Si ce n’est pas le cas rapidement, l’ « ubérisation », c’est-à-dire l’apparition de nouveaux modes d’exercice peu ou pas encadrés, pourrait devenir une réalité à brève échéance.

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