Après l’Evidence-based medicine, la Data-based medicine

Data-based medicinePendant longtemps, la médecine était avant tout un art. Un art certes non pas destiné à faire jaillir le beau à partir du néant, mais voué à faire triompher la santé contre la maladie. Elle était alors un savant dosage entre manipulations, interventions chirurgicales et autres prescription de drogues, dosage dont l’efficacité relevait avant tout du sens clinique et de l’expérience personnelle du médecin. L’appellation même d’art médical montre que la science n’était pas vraiment au cœur de la pratique.

L’avènement de l’Evidence-based medicine (EBM), ou médecine fondée sur les preuves, apparue vers la fin du 20ème siècle, a marqué un tournant décisif dans la pratique médicale, en imprimant une démarche scientifique et rationalisée à la prise de décisions médicales. De façon très schématique, l’EBM consiste à pratiquer la médecine conformément à des règles quasi-universelles, dont l’efficacité a été scientifiquement prouvée – d’où sa traduction française « médecine fondée sur les preuves ». Pour simplifier, c’est comme si le médecin moderne, au lieu de se fier à ses seuls bon sens et expertise, certes indispensables, se référait constamment à l’expérience cumulée et actualisée de tous ses pairs, issus du monde entier.

L’EBM concerne notamment les deux moments phares de la prise en charge médicale, le diagnostic et le choix thérapeutique, pour lesquels les médecins sont incités à s’appuyer à des recommandations dites de bonne pratique, dédiées à leur spécialité. La pertinence de cette démarche ne saurait être remise en question : l’EBM est aujourd’hui très largement admise et pratiquée. La numérisation, avec la traduction des protocoles médicaux issus de l’EBM en algorithmes informatisés, a permis d’optimiser encore la fiabilité de cette démarche scientifique.

Un saut quantique est actuellement en train de se produire : après l’Evidence-based medicine, bienvenue dans la Data-based medicine (DBM) ! Avec cette nouvelle médecine, basée sur l’analyse de données de santé du patient, ou plus exactement de « bases de données santé » au vu de la quantité et de la qualité des données, le processus de rationalisation franchit un cap majeur. Les données de santé du patient, recueillies grâce aux nouveaux objets du Quantified-self, peuvent être croisées avec les bases de connaissances médicales de l’EBM, pour garantir une médecine encore plus fiable et personnalisée. Mise en équation : EBM + QS = DBM !!

En vrac quelques-uns des avantages procurés par la DBM : volume phénoménal de données patient pouvant être analysées, capacité d’analyser ce volume de façon combinée, remarquable fiabilité des données analysées, possibilité d’historisation des données, contribution à une base de données santé mondiale. Mais surtout, la visibilité apportée au médecin sur l’état de santé de son patient est inédite et absolument prodigieuse, et lui permet d’envisager la pratique de son métier avec un nouveau regard.

6 commentaires

  1. A propos de données factuelles.

    Pourriez-vous afficher la date des posts dans ceux-ci ?

    Vos informations étant intéressantes elles méritent relayage dans les réseaux sociaux mais sans affichage de la date c’est problématique car on ne sait pas si l’info a déjà circulé.

    Merci.

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    1. Bonjour, il y a une date indiquée pour la publication de chaque article sur le blog Smartsante-le blog, pouvez-vous me préciser ce à quoi vous faites référence ?

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