Médecine connectée vs. santé connectée

Médecine connectéeIl ne se passe pas une semaine sans annonce de nouvel objet connecté santé ou de nouvelle application santé. La presse, même généraliste, se fait largement l’écho de ce nouveau phénomène de société. Dans un premier temps apanage des seuls geeks ou sportifs assidus, la santé connectée a désormais pénétré le smartphone de tout-un-chacun, ce tout-un-chacun étant tout de même plutôt un homme de moins de 35 ans, parisien et CSP+[1].

Il n’est pas inutile de rappeler que la santé connectée est la conséquence logique des deux révolutions qui ont changé le monde en un temps record. La révolution Internet tout d’abord, qui a permis l’accès à tous à la connaissance, une sorte d’Encyclopédie de Diderot sans début ni fin, qui serait accessible à tous, partagée entre tous, et sans cesse enrichie. La révolution Smartphone ensuite, fabuleux concentré de technologies, ordinateur de poche aux mille possibilités qui fait de nous des êtres connectés, en tout lieu et à tout moment.

Le premier challenge de la santé connectée était de séduire le plus grand nombre possible d’utilisateurs. Ce challenge est en passe d’être remporté grâce aux efforts majeurs d’ergonomie et de design apportés par les fabricants à leurs solutions, qui sont aujourd’hui dans leur grande majorité ludiques et agréables d’utilisation. Les premiers chiffres disponibles – déjà 5% des Français ont recours à un objet connecté pour mesurer leur santé alors que le marché est encore émergent [2] – sont annonciateurs d’un développement ultra-rapide. Les professionnels de santé eux-mêmes sont des utilisateurs assidus à titre personnel [3]. Un écueil à surmonter sera cependant de créer les conditions d’une mise en cohérence des différentes solutions proposées, sans laquelle la santé connectée dans son ensemble risque à terme de devenir illisible pour le public.

Après avoir conquis le marché du wellness, il reste cependant aux acteurs du secteur à s’imposer sur celui de la médecine connectée, c’est-à-dire celui des solutions qui s’adressent non pas à des sportifs hypocondriaques mais à de vrais malades et à leurs soignants. Il s’agit, au-delà du caractère sexy des objets ou applications concernés, de justifier leur utilité et leur fiabilité aux publics particulièrement critiques et exigeants que sont le corps médical, les associations de patients, et les instances réglementaires (CNIL, ASIP, HAS, etc.). Ce sera sans doute long et difficile mais c’est la condition sine qua non pour que cette vague d’innovation atteigne le rivage convoité de la Médecine.

[1]Les Français et l’internet santé, Etude TNS Sofres pour LauMa communication et Patients & Web, avril 2013 ; [2] Baromètre de l’innovation, sondage par BVA pour le Syntec numérique, 12 février 2014 ; [3] Baromètre Vidal/CNOM 2012 : Les médecins utilisateurs de smartphones

14 commentaires

    1. En effet la liste est sans fin pour qualifier les nouvelles technologies en santé ; le terme « médecine connectée » est d’ailleurs assez inédit à notre sens. Cependant notre objectif n’était certainement pas d’alourdir davantage la liste, mais plutôt de souligner qu’il y a encore un pas à faire pour répandre l’usage des nouvelles technologies dans l’univers du médical et des soins.

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  1. Tous ces termes de santé connectés regroupent leur sillage tout et n’importe quoi . Le bien-être et la E-Medecine doivent être bien distinguées l’un de l’autre car le but n’est pas le même. Le premier séduira les hypochondriaques plus ou moins sportifs et pendant plus ou moins de temps et finira au placard jusqu’au jour où leur petits-enfants le retrouvera et ils passeront pour des ringards. De plus cet angouement pour beaucoup d’objets de santé connecté n’est qu’un phénomène de mode dont le but est d’enrichir certains industriels sur le dos des hypochondriaques.
    Le problème est que certains de ces industriels s’essaient à la telemedcine avec plus ou moins de Savoirs mais aussi avec plus ou moins de forcing sur les malades et le corps médical.
    Alors oui le corps médical et para-medical est et doit être exigent , car il en va de la sécurité de chacun d’entre nous et des génération future. Nous sommes exigeants car le corps humain est complexe et nous ne sommes pas qu’une tension ou un rythme cardiaque.
    Pour construire une Santé 3.0.., il faudra que nous soignants ,nous devenions des Soignants 3.0 et que nous prenions ce train avant de le prendre en pleine face. Pour cela , nous devons être des acteurs de cette Santé 3.0 .
    Un exemple de Sante 3.0 est le Dsii qui est conçu par un infirmier et pour les infirmiers. Je vous invite sur dsii-infirmier.com.

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