Santé connectée et qualité médicale

Médecine connectéeUn monde où le patient se soignerait tout seul n’est ni pour demain, ni même souhaitable. Le médecin doit conserver son rôle central dans le traitement des patients, et à ce titre être intimement convaincu de la qualité et de l’utilité médicale des solutions de santé connectée qu’ils utilisent. Contrairement aux idées reçues, les médecins sont aujourd’hui plutôt bienveillants vis-à-vis des nouvelles technologies, se disant même prêts à en recommander l’utilisation à leurs patients. Ils ont en revanche besoin d’être persuadés de la qualité médicale des solutions prescrites[1], ce qui est encore trop rarement le cas.

Comment apporte-t-on la preuve de la qualité médicale d’une solution de santé connectée ? En étant transparent sur les conditions d’élaboration de ses contenus médicaux et sur sa fiabilité. La participation active de professionnels de santé réputés dans le processus d’élaboration est un premier gage de qualité. Les solutions développées par ou avec des médecins hautement spécialisés dans les domaines qu’elles abordent, et en concertation avec les instances médicales de référence, bénéficient logiquement d’un a priori très favorable de leurs confrères. Au-delà de ce premier élément de preuve, la qualité des contenus médicaux de la solution repose sur l’utilisation par l’équipe de conception de références médicales nationalement et internationalement reconnues, de publications scientifiques de qualité et à jour : c’est ce qu’on appelle l’evidence-based medicine. Le respect de ces règles de l’art est crucial pour emporter l’adhésion du corps médical.

La solution se doit également d’être irréprochable en termes de fiabilité. Cette exigence de rigueur est attendue à tous les niveaux : fiabilité des données entrantes et sortantes et des traitements éventuels, la parfaite reproductibilité des résultats étant une nécessité. Après un engouement inconditionnel la question de la fiabilité est de plus en plus évoquée, notamment au sujet des objets connectés[2]. Tant que l’on reste dans le domaine du wellness, autrement dit tant qu’il ne s’agit pas de données à caractère vital, le caractère approximatif des mesures n’est pas très gênant. C’est d’ailleurs l’argument derrière lequel s’abritent généralement les principaux fabricants d’appareils d’auto-mesure connectés, qui restent très évasifs sur les performances réelles de leurs produits. Des tests effectués au Mobile World Congress 2014 mettent en lumière d’énormes lacunes de fiabilité d’appareils vendus à des millions d’exemplaires… De telles approximations, sans conséquences graves en wellness, sont bien évidemment inconcevables en médecine, notamment dans le cas du suivi de patients atteints de maladies chroniques comme le diabète.

[1]2ème Baromètre sur les médecins utilisateurs de smartphone en France ; [2] Chloé Hecketswieler, David Larousserie et Pascale Santi : Gadgets connectés: tous mesurés ?, Le Monde, 11 février 2014

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